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D'après Priscilla Settee du Réseau de Femmes Indigènes, Maisie Shiell pourrait constituer, à elle seule, l'armée la plus résistante du Canada. Née en Angleterre il y 85 ans, Maisie Shiell, malgré son doux sourire de gentille grand-mère, représente, pour les compagnies d'exploitation d'uranium canadiennes, le cauchemar de leur vie. Pendant les conférences de presse, les séances publiques, réunions sur les différents problèmes liés au nucléaire, c'est avec des questions pertinentes et pénétrantes qu'elle insiste sur la désinformation dans l'industrie de l'uranium. On lui a souvent dit: "Maisie, vous êtes une grand-mère chaleureuse et pleine de bonnes intentions, mais vous ne comprenez rien à la physique nucléaire". Si cela ne tenait qu'à cela. Elle a donc décidé de s'instruire, de combler ses lacunes. Elle a lu tout ce qu'elle pouvait trouver sur la physique nucléaire, écrit aux experts, et tout cela, peu de temps avant de commencer à assister aux différents débats publics, afin de battre ses adversaires sur leur propre terrain, signalant, par exemple, que les chiffres qu'ils donnaient étaient erronés. Maisie a fait ses études dans le Couvent Catholique de Mayfield en Angleterre. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, elle s'est rendue en Allemagne, avec la Croix Rouge, afin d'aider à soulager les souffrances des personnes dépossédées durant cette guerre. En 1946, elle rencontra son époux, Jim Shiell, soldat canadien. Jim et Maisie se sont installés dans une ferme dans les environs de Govan (Saskatchewan), où ils ont donné naissance à leurs quatre enfants: Hughie, Hector, Josie et Mary. Voici ce qu'elle rapporte de son défunt mari: "Jim n'a pas été bien longtemps à l'école, mais il était rapide comme une flèche. Et surtout, il ne vivait pas en fonction de ce que les autres racontaient. Il faisait ce qu'il jugeait bon de faire. C'est l'une des raisons pour laquelle les gens le respectaient autant à Govan...même s'il portait des pantalons troués". Pendant les années cinquante et le début des années soixante, elle a travaillé en tant que journaliste pour le Regina Leader Post, tout en écrivant des articles pour le Saskatoon Star Phoenix. Jim est décédé en 1965, laissant Maisie élever, seule, leurs quatre enfants. Après avoir achevé sa formation d'enseignante au Regina Teachers College, Maisie enseignât dans une école rurale du Saskatchewan, ainsi que dans la réserve indienne du lac Montréal, au nord de l'état. Ses rapports avec la population indienne ont éveillé son intérêt pour la nature, ainsi que pour les problèmes écologiques et environnementaux. |
Après avoir achevé sa formation d'enseignante au Regina Teachers College, Maisie enseignât dans une école rurale du Saskatchewan, ainsi que dans la réserve indienne du lac Montréal, au nord de l'état. Ses rapports avec la population indienne ont éveillé son intérêt pour la nature, ainsi que pour les problèmes écologiques et environnementaux. Sa vocation de militante antinucléaire, Maisie ne l'a découverte qu'en 1976, lorsque sa curiosité a été éveillée par le refus catégorique du Ministère de l'Environnement du Saskatchewan de donner des précisions sur sa politique d'exploitation des mines d'uranium. Le silence du gouvernement lui était insoutenable, certains détails devaient probablement être étouffés, il ne fallait pas les divulguer. Ainsi, à l'âge de soixante et un an, elle commença à apprendre comment traduire les formules de physique nucléaire dans une langue qu'elle serait en mesure de comprendre, pour l'enseigner ensuite aux personnes non-initiées - elle a même suivi un cours de physique nucléaire à l'université. Depuis 1976 Maisie a assisté, dans sa province, à toutes les réunions et débats publics sur le nucléaire, regrettant presque qu'il n'y en ait pas assez. Les militants antinucléaires canadiens pensent que d'avoir Maisie à leurs côtés pendant un meeting, c'est comme d'entrer dans une salle d'audience avec un avocat vif et bien expérimenté: Maisie sait convaincre. Le plus grand sujet d'inquiétude de Maisie est de savoir ce que ces histoires d'uranium auront comme conséquences pour les prochaines générations. Maisie signale que l'uranium contient des émetteurs alpha 8, ce qui s'avère plus dangereux, à long terme, que des déchets nucléaires hautement toxiques, car les radiations alpha provoquent des mutations génétiques. Maisie qui oeuvre afin d'empêcher le fléau "uranium" de se propager davantage nous dit , elle aussi: "Laissez l'uranium sous la terre". Le sourire espiègle de Maisie ne nous laisserait pas deviner son intense dévouement pour faire de ce monde un endroit plus sûr pour ses enfants, ses petits-enfants, et les générations suivantes. Elle dit d'elle même: "le but de mon existence est de bâtir, pour nos enfants, un monde plus sain et plus sûr. Avant que je ne quitte ce monde, j'aimerais au moins avoir la satisfaction d'avoir essayé. Je sait que je peux faire une différence, même si elle pourrait paraître insignifiante". Maisie a consacré une grande partie de sa vie au mouvement canadien antinucléaire, son dévouement peut être qualifié d'extraordinaire.
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