1998 Nuclear-Free Future Award

On distingue quatre catégories de récompenses: Résistance, Education, Solution, et un prix pour l'ensemble des accomplissements du récipiendaire tout au long de sa vie. Les trois premiers prix sont accompagnés d'une somme de $10,000 (nous espérons voir cette somme augmentée pour les prochaines années). Le dernier prix est de valeur symbolique, et non monétaire ou pécuniaire. Le récipiendaire reçoit, à la place, l'oeuvre d'art d'un artiste contemporain. Patrick Nagatani d'Albuquerque (Nouveau Mexique) était l'artiste que nous avons choisi cette année.

Après la cérémonie du 5 Novembre qui s'est déroulée à la Salzburger Residenz- toujours en respectant l'esprit du World Uranium Hearing - l'Award voyagera à travers le monde. En effet, l'année prochaine, la remise de récompense aura lieu au Nouveau Mexique, lieu de naissance de la bombe nucléaire. Aujourd'hui à Los Alamos, site originel du Projet Manhattan, seulement quelques portes séparent les installations des spécialistes de l'armement nucléaire de celles des chercheurs en génétique. Le challenge scientifique, lorsqu'il est propulsé par l'avidité, court-circuite chaque considération morale. L'idée d'un monde post-nucléaire est autorisée par un ensemble de considérations complètement différentes, des valeurs qui se résument au seul futur dont il vaut la peine de se soucier - un futur qui préserve notre planète pour les générations à venir.

La Grande Loi sur la paix est la constitution des Hodenosaunee, la Confédération des 6 Nations d'Iroquois. Lorsqu'un chef Hodenosaunee prend ses fonctions, il déclare un serment jurant de considérer, pour toutes ses décisions et actions futures, le bien-être des 7 générations à venir, dont " les visages demeurent encore sous la terre. Car ils nous observent". Nous avons perdu la sagesse des cultures indigènes, nous avons beaucoup de mal à nous occuper de notre biosphère. Ces cinquante étranges années de folie nucléaire ont déclenché une terrible machine de destruction. D'immenses étendues de terres sont déjà inhabitables.

Si chacun d'entre nous attend qu'un autre agisse, finalement personne n'agira. Cette phrase est tirée d'une brochure de la Rose Blanche ("Weiße Rose"), groupe de résistance d'étudiants munichois qui s'était opposé au régime hitlérien. C' est bien ce que pensent également les récipiendaires de l'Award 1998:

Yvonne Margarula, Australie
(Résistance)

Yvonne Margarula est le porte-parole du Mirrar Gundjehmi, un petit clan Aborigène dans le nord de l'Australie, dont les terres traditionnelles sont actuellement menacées par un grand groupe d'exploitation minière. Le Mirrar Gundjehmi se bat pour conserver ses terres à Jabiluka, un site situé dans le Parc National de Kakadu, que l'UNESCO a classé parmi les "Sites du Patrimoine Mondial". Soixante-dix pour-cent des Australiens soutiennent le Mirrar.


Raúl Montenegro, Argentine
(Education)

Infatigable et expert en matière de militantisme, ce professeur en Biologie est arrivé à changer l'opinion des Argentins pro-nucléaires et les "sans-opinion": beaucoup sont maintenant au moins informés, sinon anti-nucléaires. Le Dr. Montenegro a été en mesure d'apporter au public Argentin des éclaircissements sur la mystérieuse industrie nucléaire, qui jongle souvent avec les chiffres qu'elle diffuse. En ayant commencé par le bas de la pyramide, il est ainsi parvenu à un changement de politique du gouvernement en ce qui concerne l'énergie.


Hari Sharan, Inde/Suisse
(Solutions)

Avec ses partenaires spécialisés dans la recherche et le développement, des compagnies d'ingénieurs et des entreprises industrielles en Inde et en Suisse, le Dr. Sharan a construit des centrales électriques basées sur un gazéificateur de biomasse qui fait tourner un moteur afin de produire de l'énergie. Conçue pour être utilisée dans une zone rurale de l'Inde (Bangalore), cette même technologie, légèrement modifiée, a également été mise en application en Suisse (Chatel-St-Denis). C'est bien là le genre de choses auxquelles nous assistons rarement: un transfert de technologies du Sud vers le Nord.


Maisie Shiell, Canada
(Prix d'honneur)

Partout dans le Canada, on reconnaît cette femme comme étant la "Grand-Mère du Mouvement Anti-Nucléaire". Son sourire espiègle et ses petites lunettes ne nous laisseraient pas deviner son intense dévouement à faire de ce monde un lieu plus sûr pour ses enfants, petits-enfants, et les générations suivantes.




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